Hackers : petite histoire de l’informatique moderne (I)
C’est un mouvement bien méconnu que celui des Hackers, et pourtant, sans lui, l’informatique telle que nous la connaissons aujourd’hui n’existerait sûrement pas. Voici une série d’articles destinés à vous faire connaître un peu mieux leur épopée.
Quand on parle de hackers, pour le commun des mortels ou presque, il s’agit de pirates informatiques, de petits cybervoyoux qui n’hésitent pas à faire subir les pires attrocités à nos pauvres machines. Cette idée est relativement exacte, mais il n’en a pas toujours été ainsi.
Replaçons nous dans le contexte, nous sommes aux débuts de l’informatique moderne, à une époque où l’on code en Assembleur, ou au mieux en Fortran, où il faut une pièce entière pour faire tenir un ordinateur, et où la seule vague idée de réseaux existante consiste à utiliser le même ordinateur depuis plusieurs terminaux.

Nous sommes à la fin des années 60, ou au début des années 70. Une révolution vient d’avoir lieu : le circuit intégré.
Bien loin du Colossus, le premier calculateur basé sur le langage binaire, construit durant la Seconde Guerre Mondiale, on peut désormais créer des machines de taille raisonnable, qui ne nécessitent donc pas plusieurs pièces à elles seules. On est encore loin des Personnal Computers, mais les universités américaines peuvent désormais faire l’acquisition d’ordinateurs, et quelques étudiants enthousiastes se mettent alors à les « bidouiller ». Ce sont les premiers hackers.
A cette période, le premier noyau de hackers est sûrement celui issu du MIT Tech Model Railroad Club, le club de modèles réduits ferroviaires du MIT, qui s’approprie en 1961 le PDP-1 que l’université vient d’acheter.
Ils créent alors des outils de programmation, un jargon et toute une culture et prennent pour la première fois le nom de Hackers.
Plus tard, ils seront à la base du laboratoire d’Intelligence Artificielle du MIT, référence mondiale.
L’année 1969 marque un tournant radical pour l’informatique, avec deux évenements majeurs : la création de l’ARPAnet, premier réseau informatique mondial et véritable ancetre d’Internet, et celle d’UNIX, système d’exploitation qui influence encore ceux que nous utilisons aujourd’hui.

L’équipe qui déploya l’ARPAnet
L’ARPAnet est au départ un projet du Pentagone, qui relie bien vite des centaines d’universités, permettant un niveau de collaboration encore jamais égalé. Mais il permet aussi aux groupes isolés de hackers de se rencontrer et de se fonder une identité commune. Chez eux aussi le partage devient monnaie courante. Désormais les concepts et idées se transmettent à haut débit.
Un concept s’il en est, la première version d’UNIX est développée en Assembleur cette même année par Ken Thompson. Ce système d’exploitation d’abord développé en langage d’assemblage doit son nom au fait qu’il fait chaque chose d’une seule façon. Thompson réécrira son système avec Dennis Ritchie, un de ses collègues chez Bell, créant les langages B puis C pour l’occasion. L’une des principales innovations apportées par Unix est la possibilité de le compiler sur (quasiment) n’importe quelle machine possédant un interpréteur C, ce qui n’était pas le cas avec les précédents systèmes, écrits directement en assembleur.
La force d’Unix vient sûrement de son association avec le C, qui permet de porter les programmes d’une machine à une autre, sans avoir besoin de tout réinventer à chaque fois.
Avec l’association d’ARPAnet, un « lieu » où s’échanger les idées, et UNIX, qui offre un « standard », le mouvement hacker a toutes les cartes en main pour s’amplifier. Mais ce n’est que le début …
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3 commentaires pour Hackers : petite histoire de l’informatique moderne (I)
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« Désormais les concepts et idées se transmettent à haut débit. »
Hum, à 5baud/s ouai xD (euh je sais pas exactement le débit …)
[...] Suite de l’article précédent. [...]
[...] Geek. “Officiellement” ce terme désigne désigne une personne passionnée, voire obsédée par un domaine précis. Officieusement, il concerne tous les passionnés d’informatique, de science, de jeux vidéos, de science-fiction, de fantasy ou encore de jeux de rôles. Pendant longtemps depuis les années 60, les geeks ont été assimilés aux nerds, et considérés comme des intellos reclus qui préfèrent les ordinateurs aux filles. Il faut dire qu’à cette époque ils font souvent partie du mouvement des Hackers. [...]